| La nudité n’est plus taboue. Mais se limite-t-elle à n’être que la toile sur laquelle on jette pèle mêle fantasmes gratuits et obligations commerciales ? Savoir capter le mystère, la fragilité ou l’érotisme assumé d’un corps, telle est la démarche dans laquelle s’engage Pierre Joël, dans une conception à la fois naïve et profondément symbolique du nu.
Placées sous l’influence à la fois noire et mutine des symbolistes et des surréalistes, les photographies de Pierre Joël ne cessent de remettre en question notre vision des corps, et plus particulièrement de ce grand mystère qu’est encore le corps féminin. Est-il cet objet désarticulé que l’on démonte et remonte à l’envie ? Est-il l’expression la plus directe et la plus embarrassante de nos fantasmes ? La femme exprimant dans l’ombre du studio ses pensées la plus secrètes (ou bien sont-ce celles du spectateurs ?) se retrouve parée de ses plus beaux atours, d’accessoires tour à tour angéliques et pervers, de grilles et de chaînes. A la fois offerte et inaccessible. Et c'est à l'artiste de mettre en lumière ces mystères, de les sortir de l'ombre dans laquelle ils se terrent. Et quand il s’intéresse à son élément le plus intime, objet de tant d’interrogations de la part des hommes, le charmant bouton se transforme en icône séduisante et angoissante.
Voilà en quelques mots en quoi se tient l’art photographique de Pierre Joël. Il serait alors bien dommage de ne pas céder à la tentation.
Célia Deiana.  |
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La nudité n’est plus taboue.
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